La WAIS


La WAIS

La première version Française du Wechsler pour adultes (le Wechsler Bellevue) a été créée en 1954 ; le WAIS (Wechsler Adult Intelligence Scale) date de 1968, et le WAIS - R (R = Révisé) existe depuis 1988.

Auteur : Weschler
La WAIS est une batterie d’évaluation des performances cognitives étalonnée de 16 à 89 ans ; elle peut donc être administrée à un public adolescent, adulte et âgé. La catégorie socioprofessionnelle est également prise en compte. 
Cette échelle est composée d’une grande variété de subtests et permet d’observer comment el sujet ou le patient se comporte dans un nombre varié de taches. Elle permet de développer des hypothèses sur les aptitudes altérées ou épargnées du patient, qui pourront ensuite être étudiées de façon plus spécifiques au cours du bilan neuropsychologique. La WAIS correspond à une première évaluation très complète dans aptitudes cognitives, intellectuelles.
Les applications de la WAIS sont nombreuses :
  • Utilisation dans un but d’orientation scolaire (dans ce cas on utilisa la version pour enfant), d’évaluation des troubles de l’apprentissage ou de capacités exceptionnelles.
  • Utilisation dans le but d’établir un diagnostic différentiel de troubles cognitifs ayant une origine organique (neurologique) ou psychiatrique, affectant le fonctionnement mental (but principal de cette échelle).
Recommandations :
Lorsque l’on fait une évaluation des performances cognitives d’un patient suspecté de présenter des déficits cognitifs, on ne calcul que très rarement le QI total qui ne présente aucun sens en neuropsychologie. 
L’utilisation de la WAIS est différente selon l’objectif que l’on a. On va administrer au patient les différents subtests de l’échelle afin d’établir un profil des performances. On va pouvoir observer où sont les forces et les faiblesses le QI verbal, le QI performance, afin de voir si un domaine en particulier est altéré. On pourra alors proposer des épreuves supplémentaires afin de valider ou non les hypothèses que l’on peut faire à partir du profil des performances.
Dans l’utilisation de la WAIS, il ne faut pas se satisfaire uniquement des calculs quantitatifs. Il faut également avoir une analyse qualitative des performances avec une analyse des erreurs.
Lorsque l’on suspecte un retard mental chez un enfant ou un adulte, Le calcul du QI global n’est pas un critère diagnostic suffisant. Il faudra prendre en compte des variables telles que l’évolution des capacités du sujet, son évolution dans le cadre familial, institutionnel et social.
Lorsque l’on s’engage dans le calcul d’un QI, qu’il soit global ou non, il faut toujours prendre en compte l’origine sociale, culturelle, linguistique du sujet, facteurs pouvant biaiser ses performances. Il faut également prendre en considération des variables comme l’anxiété, la présence de troubles attentionnels, psychopathologiques, de la concentration, sensoriels, la capacité à soutenir un effort et la motivation du patient.

1.La WAIS-R

La WAIS-R est une version révisé de la WAIS qui date de 1989. A l’origine, deux facteurs étaient décrits comme étant impliqués dans les différents subtests de la WAIS :
  • Un facteur d’aptitudes verbales mesuré par le QI verbal
  • Un facteur d’organisation perceptive, d’attention et de mémoire, mesuré par le QI performance.

1.1.Organisation de la WAIS-R

L’échelle verbale compte 6 subtests :
  • Information
  • Mémoire des chiffres
  • Vocabulaire
  • Arithmétique
  • Compréhension
  • Similitudes
L’échelle performance compte 5 subtests :
  • Complètement d’images
  • Arrangement d’images
  • Cubes
  • Assemblage d’objets
  • Code
1.2.Description de chaque épreuve
1.2.1.Information
Description : Subtest composé de 28 items concernant des questions générales sur des évènements culturels. 
Exemples : Qu’est ce qu’un thermomètre ? A quelle invention est associé le nom de Gutemberg ? Qu’est ce qu’un copte ?
Processus évalués : culture générale, expression verbale
Cotation : 0 ou 1 ; il faut toujours se poser la question d’un petit niveau ou d’un déficit lorsqu’il y a un problème. Il faut envisager que le patient n’a jamais eu connaissance de l’information.
1.2.2.Mémoire des chiffres
Description : Subtest composé de 2 séries d’exercices. Dans la premières (ordre direct), on compte 16 items composés d’une série de chiffre à répéter dans le même ordre que l’examinateur. La seconde série (ordre inverse) est composée de 14 séries de chiffres à répéter dans l’ordre inverse de l’examinateur.
Exemples : 1-7 ; 4-2-7-3-1…
Processus évalués : mémoire à court terme (empan endroit) et mémoire de travail (empan envers)
Cotation : 0, 1 ou 2. Il est possible de proposer des essais supplémentaires afin d’avoir plus d’informations.
1.2.3.Vocabulaire
Description : définition de 33 mots à l’aide de synonymes ou de phrases courtes. 
Exemples : Que veut dire le mot « instruire » ? Que veut dire le mot « héréditaire » ? Que veut dire le mot « conjecture » ?
Processus évalués : culture générale, connaissances lexicales, élaboration du discours, langage. Cette épreuve est très influencée par le niveau socioculturel.
Cotation : 0, 1 ou 2 selon la précision de la réponse.
1.2.4.Arithmétique
Description : Résolution de 20 problèmes mathématiques en un temps limité, sans avoir l’énoncé sous les yeux. 
Exemples : A la fin de la journée, un boulanger a vendu 56 pains. L’après-midi, il en a vendu 19. Combien de pains a-t-il vendu le matin ?
Processus évalués : capacités de résolution de problèmes, de raisonnement (mise en place de stratégies), calcul mental, mémoire de travail, compréhension d’énoncés verbaux complexes, mémoire auditive à court terme, attention.
Cotation : 0, 1 ou 2 points selon la justesse de la réponse et la difficulté de l’item.
On peut laisser la possibilité de résoudre les problèmes par écrit en cas de déficit de la mémoire de travail.
1.2.5.Compréhension
Description : explication de 18 situations ou proverbes. 
Exemples : Quelles sont les raisons pour lesquelles on fait cuire de nombreux aliments ? Pourquoi y a-t-il un âge minimum pour voter ?
Processus évalués : fait appel au bon sens et aux règles de fonctionnement de notre société. Il mesure le niveau de raisonnement logique verbal. Ces un Subtest censé être robuste, c'est-à-dire peu sensible à la détérioration mentale.
Cotation : 0, 1 ou 2 points selon la précision de la réponse.
1.2.6.Similitudes
Description : il s’agit de trouver la ressemblance, le point commun entre deux mots. Le subtest e st composé de 19 paires de mots.
Exemples : en quoi une table et une chaise se ressemblent ? En quoi manger et dormir se ressemblent ? En quoi sédentaire et nomade se ressemblent ?
Processus évalués : capacité d’abstraction de concepts verbaux, de raisonnement et de compréhension verbal.
Cotation : 0, 1 ou 2 points selon la précision de la réponse.
1.2.7.Complètement d’images
Description : il s’agit de trouver le détail qui manque sur 25 cartes
Processus évalués : capacité d’observation, d’analyse concrète visuo-spatiale, exploration visuelle. Ce test requiert des connaissances générales sur un matériel visuel
Cotation : 0 ou 1 point selon la justesse de la réponse.
1.2.8.Arrangement d’images
Description : il s’agit de remettre dans l’ordre une série de cartes en un minimum de temps
Processus évalués : classement, organisation logique et temporelle, raisonnement, jugement sur du matériel non verbal, capacité de séquençassions, d’ordonnancement et d’organisation perceptive.
Cotation : 0, 1 ou 2 points selon la précision de la réponse. L’épreuve étant chronométrée, il faut regarder si un échec est du à un problème de lenteur ou à une incapacité de sériation.
1.2.9.Cube
Description : reproduction de 14 modèles à l’aide de cubes uni ou bicolores en un temps limité.
Processus évalués : organisation visuo-spatiale, visuo-constructives (nécessite la mise en référence de l’espace par rapport au sujet lui-même), l’exploration visuelle
Cotation : variable selon le temps mis pour effectuer la tache.
Exemple :
wisc_blokken1.png
wisc_blokken2.png

1.2.10.Assemblage d’objets
Description : puzzle à reconstituer en un temps limité
Processus évalués : capacité de synthèse visuelle (partir de parties pour arriver à un ensemble cohérent), d’exploration visuelle, capacités visuo-constructives, organisation visuo-spatiale (formation de concepts visuels et transfert de cette information aux commandes manuelles).
Cotation : 0 à 12 points selon la précision de la réponse, le temps mis pour effectuer la tache et la complexité de cette dernière.
Cette épreuve est facultative ; elle est administré que si l’un des subtests de l’échelle de performance pose problème (interprétation ou autre). Il n’est pas pris en compte dans le calcul du QI dans la WAIS III à la différence de la WAIS R.
1.2.11.Code
Description : compléter un ensemble de cases vides à l’aide de signes en fonctions du chiffre indiqué, dans un temps limité de 120 secondes.
Processus évalués : capacités visuo-constructives, vitesse de traitement de l’information, automatisation d’une procédure, attention, capacités motrices.
Cotation : nombre de case correctement remplies en temps limité. Il est important de réaliser une analyse qualitative de cet exercice, les erreurs étant source d’informations importantes.
1.3.Calcul du QI
  • Etape 1 : calculer la note brute pour chaque subtest : pour cela, il suffit d’additionner le nombre de point obtenus à chaque épreuve.
  • Etape 2 : convertir les notes brutes en notes standards en se reportant au tableau 18 du manuel. Cette conversion est basée sur le groupe dé référence, celui des 10-34 ans et sert pour tous les sujets, quelque soit leur âge.
  • Etape 3 : faire la somme des notes standards obtenues pour l’échelle verbale et l’échelle performance et la somme globale pour l’échelle totale.
  • Etape 4 : convertir ces diverses sommes en termes de QI à partir du tableau 19, prenant en compte l’âge des participants.

2.La WAIS III

2.1.Pourquoi une nouvelle version ?
Diverses raisons ont motivé la création d’une nouvelle version de la WAIS :
  • Le Flynn Effect : inflation des scores du QI au cours du temps
  • Les auteurs ont voulu rendre le matériel de la WAIS plus attractif
  • Avancées sur le plan théorique autour du concept « d’intelligence » ; les facteurs impliqués dans les différents subtests se sont complexifiés. La recherche à pu mettre en évidence une relation étroite entre les capacités de mémoire de travail, de vitesse de traitement de l’information et le facteur g (facteur général d’intelligence ou intelligence fluide, Kyllonen et Cristal, 1990). La vitesse de traitement et la mémoire de travail sont ainsi envisagés comme des médiateurs du fonctionnement cognitif.
2.2.Les nouveaux subtests
Trois nouveaux subtests ont fait leur apparition dans la WAIS III
2.2.1.Matrices
Description : Le sujet regarde une matrice à laquelle il manque une partie. Il doit identifier, parmi les cinq réponses possibles, laquelle complète la matrice.
Exemple : 
matrices.gif
Processus évalués : raisonnement logique sur du matériel non verbal. Cette épreuve mesure le facteur g. elle est similaire à l’épreuve du PM 38. 
Cotation : 1 point par réponse correcte
2.2.2.Séquence lettres-chiffres
Description : restituer dans l’ordre alphabétique et croissant une série de chiffres et de lettres donnée dans le désordre
Exemple : K-2-C-7-S ; la réponse attendue est 2-7-C-K-S
Processus évalués : mémoire de travail, attention 
Cotation : 1 point par série correctement restituée.
2.2.3.Symbole
Description : la tache se présente sous la forme de séries de deux groupes de symboles. Le patient doit indiquer si oui ou non il retrouve un des deux symboles isolés dans le groupe de cinq symboles. Le temps de passation est limité à 2 minutes.
Processus évalués : Fait intervenir le repérage et l’analyse visuelle de formes graphiques complexes, la discrimination perceptive, la vitesse de traitement de l’information
Cotation : nombre de réponses correctes produites en 2 minutes.
2.3.Organisation de la WAIS III
La WAIS III nous permet de calculer un QI global, un QI verbal et un QI performance, comme dans la WAIS-R. de plus, elle nous permet de calculer quatre indices.
2.3.1.Echelle verbale
Rentre en compte dans le calcul du QI verbal :
  • Le vocabulaire
  • Les similitudes
  • L’arithmétique
  • L’information
  • La mémoire des chiffres
  • La compréhension
L’épreuve séquence lettres/chiffres est facultative ; elle n’est administrée que s’il y a un déficit au niveau du subtest mémoire des chiffres.
2.3.2.Echelle performance
Rentre en compte dans le calcul du QI performance :
  • Le complètement d’images
  • Le code
  • Le cube
  • Matrices
  • Arrangement d’images
L'épreuve assemblage d'objets est facultative.
2.3.3.Indice de compréhension verbal
Les subtests pris en compte dans le calcul de l’indice de compréhension verbal sont : 
  • Vocabulaire
  • Similitudes
  • Information
L’indice de compréhension verbal reflète la performance verbale du sujet indépendamment des capacités d’attention, de concentration ou de la vitesse de réalisation des taches.
2.3.4.Indice d’organisation perceptive
Les subtests pris en compte dans le calcul de l’indice d’organisation perceptive sont : 
  • Complètement d’images
  • Cubes
  • Matrices
Cet indice reflète la performance du sujet dans des taches peut dépendants de la vitesse de traitement. Il constitue une bonne mesure des capacités visuo-spatiales du sujet.
2.3.5.Indice de mémoire de travail
Les subtests pris en compte dans le calcul de l’indice de mémoire de travail sont : 
  • Arithmétique : le calcul mental implique de mémoriser des chiffres, de faire des opérations dessus afin de produire un résultat.
  • Mémoire des chiffres
  • Séquences lettres/chiffres
Cet indice met l’accent sur les performances du sujet dans des domaines nécessitant des capacités de concentration et d’attention vis-à-vis d’informations verbales, des capacités de formulation et de résolution mentale de problèmes. Ces épreuves supposent la répétition de l’information stockée ainsi que la coordination de plusieurs traitements cognitifs.
2.3.6.Indice de vitesse de traitement
Les subtests pris en compte dans le calcul de l’indice de vitesse de traitement sont : 
  • Code
  • Symbole
Cet indice met l’accent sur la performance du sujet dans des domaines nécessitant rapidité et précision d’exécution. Cet indice reflète la capacité à initier, organiser des stratégies efficaces d’action et/ou la capacité à réaliser rapidement une tache simple.
2.4.Calcul du QI
A la différence de la WAIS R, la transformation des notes brutes en notes standards se fait en se référent aux résultats du groupe d’âge du sujet évalué, afin de mieux prendre en considération les changements cognitifs liés à l’âge.
Le principe du calcul des QI et des indices reste le même. Il suffit de convertir la somme des notes standards en QI avec : 
  • La table A3 pour l’échelle verbale
  • La table A4 pour l’échelle performance
  • La table A5 pour l’échelle globale
  • Les tables A6, A7, A8 et A9 pour les indices factoriels

Approches théoriques du développement de l'enfant

Approches théoriques du développement de l'enfant



Résumé de différentes conceptions du développement de l'enfant. Cours d'université niveau première année de licence.


1.La théorie psychanalytique

1.1.Théorie freudienne
Au moment de la naissance, le système nerveux n'est pas encore arrivé à maturation. Un accord doit se faire entre le développement physique de l'organisme et ce que le bébé acquiert tous les jours.
Selon la théorie freudienne, lorsque le bébé nait, l'appareil psychique n'est composé que par le ça, rempli d'énergie psychique et de pulsions. Progressivement, grâce à l'expérience, le Moi et l'identité se construisent et se dégagent du ça. Le Surmoi va apparaitre beaucoup plus tardivement.
Freud a beaucoup travaillé avec les adultes mais il s'est toutefois rendu compte que les conflits psychiques prenaient leurs racines dans l'enfance (pulsions partielles qui datent d'avant la puberté; Freud parle alors de sexualité infantile). Pendant l'enfance, les pulsions sexuelles vont se développer. Certaines vont être la source de conflits psychiques, d'autres vont réapparaitre au cours des rêves.
Aux différents stades de développement, la source des pulsions va changer; Freud parle de zones érogènes. Chaque pulsion va être reliée à une fonction: par exemple, au stade oral, la fonction de la pulsion est de se nourrir. il peut y avoir satisfaction de la pulsion ou frustration.
Il existe différents stades afin de décrire le développement libidinal de l'individu. Tous les stades ne sont pas successifs, ils s'emboitent et peuvent persister. Deux mécanismes de défense peuvent être à l'œuvre: la fixation et la régression:
  • il peut y avoir fixation au niveau d'un stade libidinal quand il n'y a pas passage au stade suivant, notamment parce que le stade en cours apporte beaucoup de satisfaction.
  • il peut y avoir régression quand le sujet avance dans les stades puis régresse au stade antérieur parce qu'il rencontre trop de frustration.
Introduction aux stades de développement libidinal décrits par Freud
Le stade oral (première année de vie du bébé)
Source de la pulsion: la bouche
Objet de la pulsion: sein maternel ou son équivalent
But de la pulsion: la succion
A ce stade, le bébé ne fait pas de distinction entre lui et les autres. Petit à petit, il va comprendre que le sein appartient à sa mère, qu'elle s'occupe de lui donc qu'il a une action sur elle.
Abraham a distingué deux stades au niveau du stade oral:
  • le stade oral primitif (six premiers mois de vie) où le bébé ne fait pas la distinction entre lui et les autres
  • le stade sadique oral (six mois suivants) où le bébé a un désir de mordre et d'agresser le sein maternel: apparition du fantasme d'introjection du sein maternel.
Le stade anal (de un à trois ans)
C'est le stade où le bébé acquiert la propreté.
Source de la pulsion: la muqueuse anale
A ce stade, l'enfant comprend qu'il peut faire plaisir à sa mère. Il peut décider de répondre ou non au désir de sa mère.
Abraham distingue deus stades au niveau du stade anal:
  • le stade sadique anal où l'enfant prend plaisir à l'expulsion de ses besoins
  • le stade de rétention où l'enfant refuse de faire ses besoins quand sa mère le met sur le pot.
Le stade phallique (de deux à quatre ans)
Source de la pulsion: les organes génitaux
Objet de la pulsion: le pénis du garçon (pour la fille aussi car selon Freud, à cet âge, les enfants n'ont pas conscience de la différence des sexes). Le pénis va être vu comme un objet de puissance et non comme un organe reproducteur.
Apparition de la curiosité sexuelle qui entraine la découverte de la différence des sexes. Apparition également fréquente du déni de castration de la part du garçon et de la fille quand l'enfant constate que la fille n'a pas de pénis. Petit à petit, cette différence va être acceptée. On parle d'angoisse de castration liée à la découverte de la différence des sexes: le garçon a peur qu'on lui prenne son pénis, la fille croit qu'on le lui a enlevé (on parle d'angoisse de manque pour la fille).
Apparition des fantasmes originaires.
Le stade œdipien (complexe d'Oedipe de quatre à six ans)
Source de la pulsion: organes génitaux
Objet de la pulsion: le parent de sexe opposé.
Selon Freud, pour la fille, l'angoisse de castration marque l'entrée dans le stade œdipien. Il va y avoir détournement de l'amour pour la mère vers le père. Il y a changement d'objet d'amour. Elle veut obtenir du père ce qu'elle n'a pas eu de la mère (le pénis) mais elle ressent de la culpabilité envers sa mère qui continue à s'occuper d'elle.
Le garçon désire sa mère ("quand je serai grand, je me marierai avec maman"). Le père est alors vu comme un rivale qui entraine le développement de pulsions agressives envers ce dernier. Toutefois, le garçon ressent un sentiment ambivalent envers son père car il aimerait lui ressembler; il y a alors identification au père. Il va y avoir déclin du complexe de castration quand le garçon va avoir peur que son père se vange (par la castration). Il renonce alors à sa mère comme objet d'amour et va vouloir d'avantage s'identifier à son père. Se met également en place la notion de l'interdit de l'inceste, donc du Surmoi.
La période de latence (de cinq à sept ans)
A ce stade, toutes les pulsions sexuelles diminuent, il n'y a pas instauration d'une nouvelle organisation des pulsions.
Apparition de la sublimation: toutes les pulsions sexuelles vont être détournées. L'enfant va s'intéresser aux choses concrètes; il n'est plus dans l'imaginaire.
A ce stade, le refoulement va être très opérant.
Les identifications vont se faire à l'extérieur du cercle parental. Le Moi se renforce, les mécanismes de défense sont plus opérants. Le surmoi augmente, il s'enrichit.
La période pré-adolescente
Réapparition des pulsions sexuelles pré-génitales.
Ambivalence de l'amour portée aux parents: rejet de la famille mais besoin de preuves d'amour de ses parents.
On parle de crise narcissique.
L'enfant est en capacité d'avoir des rapports sexuels; il va rechercher des objets d'amour extérieurs à la famille.
L'ascétisme: l'adolescent se refuse à tout plaisir physique pour se centrer que sur des choses spirituelles.
1.2. Théorie de Anna Freud
Anna Freud a travaillé auprès d'enfant placés dans des centres pendant la guerre. Elle a étudié les conséquences d'une rupture de contact avec la mère; on parle de carence affective. Elle a crée une école de psychanalyse de l'enfant qui s'oppose sur le plan théorique aux conceptions de Mélanie Klein.
1.3. Théorie de Mélanie Klein
Selon Mélanie Klein, les enfants sont très tôt capables de développer un transfert.
Elle a mis au point une technique basée sur le jeu pour entrer en contact avec les enfants qui n'ont pas encore accès à la parole. Selon elle, l'enfant met en jeu les conflits psychiques qui l'animent.
Selon Mélanie Klein, il existe deux positions dans le développement:
  • la position paranoïde - schizoïde (les six premiers moins de la vie). L'angoisse dominante concerne le fait que les mauvaises choses viennent envahir le Moi pour le détruire. Le clivage s'instaure donc précocement. L'angoisse de persécution est également importante. Si les satisfactions sont suffisamment importantes, l'enfant va dépasser ce stade et réunir ensemble le bon et le mauvais objet.
  • la position dépressive: la mère est vue comme un objet total, apportant de la frustration et de la satisfaction. Le bébé va présenter une angoisse de perdre l'objet d'amour, la mère. quand l'objet d'amour n'est pas là quand le bébé en a besoin, il va développer de la haine vis à vis de cet objet. Parallèlement, il va avoir peur que ses pulsions agressives détruisent cet objet.
Selon Mélanie Klein, une dépression à l'âge adulte serait le signe d'une fixation et d'une régression à ce stade.
1.4. Théorie de Spitz
Spitz a beaucoup insisté sur le processus de maturation du système nerveux associé au processus de maturation.
Il a observé des enfants et décrit des étapes de développement. Il utilise le terme "d'organisateur" qui permet le développement d'une personnalité (normale ou pathologique) chez tout sujet. Spitz décrit trois organisateurs:
  • le sourire : apparition vers trois mois du sourire intentionnel. Il désigne une réaction à un stimulus. Le sourire du bébé apparait en réaction au sourire d'un visage humain; cet échange constitue la première relation que le bébé a avec l'extérieur.
  • l'angoisse du huitième mois (qui ne se manifeste pas toujours à huit mois): le bébé fait la différence entre lui et l'extérieur mais également entre les objets extérieurs. Le bébé va manifester de l'angoisse (de perte de l'objet) quand sa mère n'est pas présente alors que quelqu'un d'étranger l'approche. C'est notamment à cette période que les mécanismes de défense vont se mettre en place.
  • le non (deuxième année de vie): l'enfant va être capable de dire non. Il y a ici une différenciation totale entre le bébé et sa mère, le bébé pouvant s'opposer aux désirs de sa mère. C'est également à cette période que le bébé va faire son entrée dans le champ social, qu'il va avoir accès au monde symbolique (acquisition des activités mentales, des capacités d'abstraction).
1.5. Théorie de Mahler
Mahler a étudié les relations mère/enfant et plus particulièrement comment l'enfant arrive à l'individualisation. Pour accéder à l'individualisation, il faut que l'enfant arrive à ne plus être dans une relation fusionnelle avec sa mère. Cette séparation se fera en deux étapes:
  • phase symbiotique (les six premiers mois de la vie): l'enfant est en symbiose, en fusion avec sa mère; ils ne font qu'un, le bébé est dépendant de sa mère. Le bébé peut avoir l'illusion d'une toute puissance sur sa mère si celle-ci répond toujours à ses désirs.
  • phase de séparation, individualisation (de huit mois jusqu'à deux ans et demi, trois ans): le bébé intègre sa mère comme objet extérieur; il se construit comme un individu unique. L'enfant prend l'initiative d'aller ou non vers sa mère ce qui le fait sortir de la sphère symbiotique. L'enfant a intériorisé une représentation psychique de sa mère lui permettra de ne pas être trop anxieux quand elle est absente.
1.6. Théorie de Winnicott
Selon Winnicott, un bébé seul ne peut pas survivre; il a besoin de soins maternels pour se développer.
Winnicott a introduit la notion de "préoccupation maternelle primaire": elle apparaitrait en fin de grossesse et dans les premières semaines de vie du bébé. Elle lui permet de se rendre disponible physiquement et psychiquement pour son bébé. Cette mère va devenir "suffisamment bonne" et apporter plus de satisfactions que de frustrations à son bébé. Elle va s'adapter aux besoins de l'enfant et lui permettre de passer du principe de plaisir au principe de réalité.
Winnicott décrit trois fonctions de la mère:
  • le holding (porter): soutient physique et psychique de l'enfant (l'enfant doit être entouré et compris)
  • le handing (main): manipulations que la mère a avec son bébé lors de la toilette, de l'habillage et des soins. Ils favorisent les échanges entre la mère et l'enfant.
  • object presenting (présentation d'objet): capacité de la mère à mettre à la disposition de son bébé un objet psychique ou psychique quand celui-ci en a besoin, ni trop tôt (sinon l'enfant n'aura pas l'expérience du désir, du besoin), ni trop tard (provoquant de la déception, de la frustration, l'enfant n'osant plus désirer sachant que son désir ne sera pas satisfait).
Notion "d'objet transitionnel": "doudou" de l'enfant dont il a besoin pour s'endormir, se calmer. Pour l'enfant, il se situe à la limite en le dedans et le dehors. Il est très investit par l'enfant et va lui permettre de se confronter à la réalité. Cet objet va résister à l'épreuve de la réalité: même abimé, il est toujours là.

2. La théorie de l'attachement

L'attachement, c'est rechercher et maintenir la proximité avec un autre individu.
Les théories de l'attachement vont avoir pour objectif d'observer et de comprendre comment se créent les liens de l'enfant avec son entourage et d'en prédire les troubles ultérieurs éventuels.
Les psychanalystes ont décrit une théorie de la tendance secondaire de l'attachement; c'est parce qu'une personne va satisfaire les besoins du bébé que celui-ci va s'attacher à cette personne.
Les théoriciens de l'attachement pensent au contraire que l'attachement sont instinctifs. Selon eux, des processus comportementaux vont intervenir dans le but de garder la mère proche, indépendamment du fait qu'elle satisfasse ou non l'enfant. L'attachement serait un besoin primaire, il ne serait pas la résultante d'un apprentissage.
2.1. Les théories éthologiques
L'éthologie est l'étude du comportement animal dans son milieu naturel.
J. Harlow a étudié le comportement de petits vis à vis de leur mère après la naissance. Le petit s'agrippe à sa mère, au moindre danger, il se rapproche d'elle. Il a également observé que le petit présentait des lacunes sociales s'il était isolé de sa mère dès la naissance durant trois mois. Il était cependant capable d'acquérir des capacités pour se nourrir. Si l'isolement perdure plus de trois mois, les lacunes sociales perdurent. 
Les expériences animales montrent que lorsqu'un petit est isolé de sa mère et placé près de mères "artificielles", ils se dirigent vers celles qui ont un contact doux; il y a recherche du réconfort. Ici, ce n'est pas la nourriture qui compte mais la chaleur apportée.
2.2. L'attachement selon J Bowlby
Selon Bowlby, l'enfant a besoin de maintenir le contact avec sa mère. Pour cela, le bébé dispose de systèmes comportementaux qui lui sont propres:
  • les pleurs: comportement de signal, d'appel
  • le sourire: selon Bowlby, le sourire intervient plus tôt que l'a décrit Spitz
  • la succion: pour le plaisir et quand le bébé a faim
  • s'agripper: comportement d'approche
  • suivre: quand le bébé est capable de ramper
Ces différents systèmes comportementaux apparaissent à des âges différents.
Vers six mois, l'enfant va commencer à protester quand la mère s'absente; il s'agit de la première manifestation visible de l'attachement. L'enfant va créer des liens d'attachement avec différentes personnes: on parle de figures d'attachement.
Il existe différents styles d'attachement qui pourraient représenter la source du développement de pathologies à l'âge adulte.
Bowlby a également étudié le comportement d'enfants séparés de leur mère après qu'ils aient créés avec elle des liens d'attachement. Il observe:
  • phase de protestation: l'enfant réclame sa mère, pleure, est agressif, proteste; il espère le retour de sa mère. Cette phase dure entre une heure et une semaine.
  • phase de désespoir: l'enfant est préoccupé par l'absence de sa mère mais devient moins actif. Il se replie sur lui même; Bowlby parle "d'état de deuil". Cet état, plus calme que le précédent, peut laisser penser à tort que l'enfant va mieux.
  • phase de détachement: l'enfant joue avec les autres, ils construits de nouvelles interactions. Cependant, si la mère revient, l'enfant fera comme s'il ne la connaissait pas.
Plus tard, on observe des difficultés dans les liens sociaux et affectifs et de comportements à l'âge adulte.

PSYCHOLOGIE DES FOULES


PSYCHOLOGIE DES FOULES : Gustave LE BON (1895)


Superbe bouquin qui nous montre finalement comment dans une foule nous pouvons nous comporter d’une manière différente. En effet, pris individuellement, chaque individu semble avoir sa propre personnalité mais pris collectivement, un groupe d’individu (et plus particulièrement une foule) a de nouvelles caractéristique et une nouvelle personnalité. Livre passionnant pour ceux qui s’intéressent à tous ce qui est effet de groupe.




Lien du livre

Psychopathologie de la vie quotidienne



Psychopathologie de la vie quotidienne 

Sigmund Freud 







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