Normal / Pathologique

Normal / Pathologique


La notion de normalité est dangereuse dans certaines circonstances et à certaines époques. Si la notion de normalité (du latin norma = équerne) n’est pas neutre et difficile à définir, elle est souvent associée aux représentations et à l’éthique d’une société. Il existe plusieurs conceptions de la normalité.


Définition de la normalité

La norme signifie le juste milieu, la moyenne, ce qui sert généralement de référence.
Les trois grands modèles de la normalité

La normalité statistique


La normalité statistique assimile la norme à la fréquence. Elle se réfère à un pourcentage majoritaire de comportements par rapport à une moyenne statistique. Dans cette optique, les individus dits normaux sont les individus moyens et sont considérés comme pathologiques les individus déviants de la norme ou de la moyenne. Ce qui est normal est alors ce qui s’observe le plus fréquemment. Pour exemple, les tests de Qi ont une moyenne arbitraire de 100, score qui représente une intelligence moyenne, normale.
Le caractère arbitraire de ce concept représente un obstacle en psychologie ; comment comprendre un phénomène psychologique qui, pour être normal, doit se situer au niveau d’une limite précise dans une distribution continue ? Il est difficile de trouver une moyenne précise aux phénomènes psychologiques. La fréquence d’un phénomène ne suffit pas à rendre compte dans plusieurs cas de la notion de normalité. En effet, des phénomènes peuvent être fréquents mais pathologiques. Enfin, la norme n’a un sens que par rapport à un contexte de référence.

La normalité idéale ou sociale


La normalité sociale fait référence aux règles éthiques, sociales et culturelles d’une société donnée. La normalité sociale assimile l’équilibre psychologique au conformisme social ou culturel. Elle désigne une perfection à laquelle l’idéal collectif aspire.
Il s’agit d’une notion insuffisante qui risque de faire considérer des attitudes passives de soumission silencieuse comme adaptées alors qu’elles peuvent cacher une véritable pathologie. Dans certaines conduites suicidaires, les jours précédents l’acte, le sujet peut être très calme, silencieux, donnant l’impression à l’entourage qu’il est tout à fait adapté. De même, dans le cas de la perversion, le sujet peut être tout à fait bien adapté socialement. A l’inverse, certains peuvent être marginaux sur le plan social mais tout à fait équilibré psychiquement.
Les normes sociales et culturelles ont influencées la nosographie psychiatrique comme l’illustre l’exemple de l’homosexualité. L’homosexualité a été considérée comme pathologique jusqu’en 1970. Aux Etats-Unis, il y a eu un mouvement de protestation des minorités sexuelles demandant une reconnaissance de leur singularité. On a alors distingué deux types d’homosexualité :
  • Une homosexualité ego syntonique (en accord avec soi) : forme d’homosexualité qui n’a pas d’aspect pathologique, qui est bien vécue par l’individu, sans signe de souffrance ou de culpabilité.
  • Une homosexualité égo dystonique (pas en accord avec soi) : elle n’est pas acceptée par l’individu. Les sujets ont des tendances homosexuelles mais accompagnées d’une grande culpabilité. Cette culpabilité les empêche d’avoir une vie sexuelle harmonieuse.
DEVEREUX a montré qu’il existait différentes acceptations de l’homosexualité selon les cultures. Par exemple, les indiens Mohave admettent l’homosexualité. Selon eux, l’homosexuel a reçu un message de la part d’un génie leur demandant de se « déguiser » en femme.
La normalité sociale demande de prendre en compte le point de vue de l’observateur. En tant que psychologue, il faut être conscient de ses références personnelles, des références liées au groupe auquel on appartient, à son milieu social et culturel. Comme tout observateur, nous intériorisons tout un système de normes ; on peut alors avoir des préjugés vis-à-vis de tout ce qui est différent. Des problèmes peuvent alors se poser lorsque l’on prend en charge des patients étrangers qui ont une façon différente de la notre de décrire leur trouble. Par exemple, un patient parlant de sorcellerie peut passer pour délirant alors qu’il s’inscrit simplement dans un référentiel culturel différent du référentiel occidental.

La normalité fonctionnelle


La normalité fonctionnelle correspond à l’état qui parait le plus approprié à un individu en fonction de ses caractéristiques psychologiques propres. Ainsi considérée, la normalité est identifiée par l’épanouissement psychologique et le fonctionnement optimal des diverses composantes de la personne.
En psychologie, on fait plutôt appel à une combinaison de ces critères pour analyser la normalité.
En 1966, CANGUILHEM proposa le concept de « normativité » selon lequel un individu sain est celui qui peut tomber malade et se rétablir ; c’est un individu capable d’instaurer de nouvelles normes de fonctionnement dans des contextes différents.
Cette ligne de réflexion conduit à définir la santé mentale non pas par l’absence de maladie ou par un nombre réduit de symptômes, mais par des capacités de changement et d’adaptation à des situations nouvelles.
Actuellement, on n’oppose plus les « normaux » aux « malades mentaux ». La majorité des psychopathologues considèrent qu’il existe un continuum entre les différents modes de fonctionnement psychique.

La normalité selon les modèles et les disciplines


La signification de la normalité peut être différente selon le modèle théorique auquel on se réfère. Les marges du normal et du pathologique peuvent se déplacer en fonction du modèle ou de la discipline.

Normalité en psychologie clinique


La psychologie clinique se réfère au fonctionnement propre d’un individu et non à un ensemble d’individus. Un état est considéré comme normal s’il est approprié à un individu donné avec ses caractéristiques et ses buts, la pathologie étant liée à une diminution des capacités d’adaptation et de création.

Normalité en psychanalyse


Selon le modèle psychanalytique, il y a une différence de nature entre l’expression d’un sujet sein et celle d’un patient névrosé. Par exemple, un sujet névrosé présentera des crises de larmes exagérées par rapport à un évènement donné comparativement à un sujet sein ; la différence est quantitative.
La réponse de type névrotique se traduit par une réaction excessive « c’est dans le plus que réside la névrose » selon FREUD. Pour KLEIN, le psychotique est en fusion totale avec sa mère, il n’a pas d’identité propre. Chez l’individu normal, le bébé est également fusionné avec sa mère ; c’est un stade par lequel tout le monde passe mais les psychotiques y resteraient bloqués.

Normalité et psychopathologie de l’enfant


Chez l’enfant, la notion de normalité est encore plus complexe à évaluer car on doit se référer à un niveau de développement tout en tenant compte des variations individuelles. Dans l’évaluation de la « normalité » d’une enfant, il faut tenir compte des stades de développement ; la présence d’un symptôme peut être problématique à un certain âge et tolérée à un autre. Par exemple, les angoisses nocturnes prendront différentes valeurs selon l’âge de l’enfant, le contexte d’apparition, la durée…
Les symptômes peuvent être différents selon le contexte familial, social, le niveau de maturation et la problématique de l’enfant. Il est donc important de tenir compte du système familial, culturel et social dans de lequel s’inscrit l’enfant.

Normalité et psychopathologie comportementale


Les théories béhavioristes n’évoquent pas de différence entre le normal et le pathologique. Selon cette théorie, il existe des comportements inadaptés qui sont dus à des défauts d’apprentissage.
Normalité et psychopathologie sociale et culturelle
L’antipsychiatrie (LAING, COOPER) des années 70 considérait le pathologique comme une aliénation de l’homme inscrit dans une société. Elle refuse la psychiatrisation des sujets, le pathologique se situant dans al société et non dans l’individu. Ainsi, pour comprendre une pathologie, il ne faut pas prendre en compte l’individu seul mais également sa famille et son environnement social. 
Ce modèle donne naissance à l’idée selon laquelle l’institution psychiatrique a tendance à stigmatiser, aliéner les malades ; les empêchant de sortir, la structure ne fait qu’aggraver les malades.
La réhabilitation sociale consiste à ouvrir l’institution psychiatrique vers la société, par exemple en faisant créer aux malades des œuvres d’art afin de les exposer. Il en va de même pour les appartements thérapeutiques où le malade est inscrit dans la société tout en recevant régulièrement la visite du médecin psychiatre.

Souffrance et pathologie


La souffrance peut-elle être perçue comme le signe de la présence d’une pathologie ?
La souffrance du patient constitue un repère important en psychologie clinique dans la prise en charge de celui-ci. 
Néanmoins, dans le cas de certaines pathologies comme la perversion, la souffrance du sujet n’est pas au premier plan, ne mobilisant pas chez eux une demande de prise en charge. Les pervers ne souffrent généralement pas, aucune culpabilité n’accompagne leurs actes. Ici, c’est l’apparition de culpabilité qui va représenter un signe positif pour la prise en charge.

Histoire de la psychopathologie

Histoire de la psychopathologie



Les conceptions magiques


Les conceptions psychopathologiques de la folie les plus ancienne sont les conceptions magiques. Elles sont présentes dès le début de l’humanité, bien avant l’arrivée des différentes religions monothéistes, bien avant la naissance de la médecine. Ces croyances magiques sont encore présentes aujourd’hui, surtout dans les sociétés traditionnelles (en Amérique du Sud, en Afrique, en Asie). On fait appel à un guérisseur pour soigner le malade. Ces croyances existent en marge de la médecine officielle.

Exemples de conceptions :

« Mal de Ojo »
il existe dans le pourtour méditerranéen et signifie le mauvais œil. Les enfants seraient spécialement touchés par ce mal. Ils présenteraient un certain nombre de symptômes comme le sommeil agité, des pleurs sans raison apparente, diarrhée, fièvre. Les enfants touchés seraient des enfants que l’on aurait trop regardé par envie. Ce regard envieux provoquerait la maladie. Dans certaines sociétés, on va jusqu’à cacher les enfants particulièrement beaux.

« Rootwork »
Il existe dans le Sud des états unis parmi des populations d’origine africaine et européenne. La maladie est attribuée à des sortilèges, de la magie, de la sorcellerie ou à la mauvaise influence d’une autre personne. Les symptômes peuvent comporter de l’anxiété généralisée et des plaintes gastro-intestinales (nausées, vomissements, diarrhée), de la faiblesse, des étourdissements, une peur d’être empoisonné et parfois d’être tué. Les « roots », maléfices ou sortilèges peuvent provoquer une série de problèmes émotionnels et psychologiques. La personne ensorcelée peut même craindre la mort. Le guérisseur peut également être appelé pour ensorceler un ennemi.

« Speel »
Il s’agit d’un état de transe dans lequel les individus communiquent avec des proches décédés ou avec des esprits. Parfois, cet état est associé à de brèves périodes de changements de personnalité. Cette manifestation se rencontre parmi les américains d’origine africaine et européenne, dans le sud des états unis. Les « speels » ne sont pas considérés comme des phénomènes médicaux dans la tradition populaire mais ils peuvent être interprétés à tort comme des épisodes psychotiques en pratique clinique.

« Susto »
(peur ou perte de l’âme). maladie populaire prévalant chez certains Latinos aux états unis et parmi les populations du Mexique, d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud. A l’origine, le Susto paraissait concerner les indiens kechua des Andes. C’est une maladie attribuée à un événement effrayant qui provoque le départ de l’âme hors du corps, ce qui cause malheur et maladie. Les personnes atteintes de Susto éprouvent des tensions importantes dans leurs contacts sociaux. Les symptômes peuvent apparaître n’importe quand, des jours ou des années après l’événement effrayant. Dans des cas extrêmes, le Susto pourrait provoquer la mort. Les symptômes typiques comprennent des troubles de l’appétit, un sommeil insuffisant et excessif perturbé par des rêves, une sensation de tristesse, un manque de motivation pour faire quoi que ce soit, des sentiments de dévalorisation t de malpropreté. Les symptômes somatiques accompagnant le Susto inclus des douleurs musculaires, gastriques et diarrhée. Les guérisons rituelles se concentrent sur le rappel de l’âme dans le corps et la purification de la personne pour rétablir l’équilibre corporel et spirituel. Différentes présentations du Susto peuvent s’apparenter au trouble dépressif majeur, à l’état de stress post traumatique et aux troubles somatoformes.

« Zar »

Terme employé en Ethiopie, en Somalie, en Egypte, au Soudan, en Iran et dans d’autres société d’Afrique du Nord et du Moyen Orient en rapport avec la possession d’un individu par les esprits. Il a existé jusqu’au 17-18éme siècle en Europe. Les personnes possédées par les esprits peuvent subir des épisodes dissociatifs pouvant se manifester par des cris, des rires, le fait de cogner la tête contre un mur, de chanter ou de pleurer. Ces personnes peuvent être apathiques, repliées sur elles-mêmes, refuser de manger ou d’accomplir les tâches quotidiennes. Elles peuvent à long terme développer une relation avec l’esprit possesseur. Localement, un tel comportement n’est pas considéré comme pathologique car le sujet n’est pas considéré comme responsable de son mal.
Ces étiologies des maladies ont pour but de donner un sens à la maladie et de proposer un système de causalité. Quelque soi la culture, les conceptions magiques ont toujours les mêmes caractéristiques :
  • la causalité est toujours extérieure à l’individu. Les conceptions magiques se situent à l’inverse du schéma médical classique ou la cause de la maladie est plutôt interne.
En psychopathologie, le trouble est intérieur au sujet, l’origine remontant à l’enfance de celui-ci. Dans les théories de psychopathologie sociale ou du stress, il y a un grand rôle accordé au milieu extérieur. Dans l’état de stress post traumatique, l’origine du trouble est par exemple un accident, donc externe au sujet.
  • les étiologies magiques sont surnaturelles : l’origine des troubles est liée à l’influence de divinités, d’esprits mythiques, de démons, de génies. Dans la possession, c’est un esprit hostile qui vient prendre possession du corps du malade.
  • Ces conceptions ne font pas de distinction entre le somatique et le psychique. Le trouble est considéré comme un malheur qui touche un individu dans son entier et son groupe familial et social.
  • Il y a des systèmes de traitements traditionnels. Dans ces rituels, le sujet n’est jamais pris en charge seul ; le traitement concerne le groupe familial et social. Tout le monde participe au traitement. Ces thérapies ont un rôle de régulateur, de traitement sociologique de la maladie. Il y a des rituels magiques et religieux.

Les étiologies traditionnelles réalisent quatre opérations :
  • elles définissent la maladie (laquelle, quels symptômes)
  • elles définissent les causes de la maladie (comme est-ce arrivé, par quels mécanismes)
  • elles définissent l’agent de la maladie (qui ou quoi est responsable)
  • elles définissent l’origine de la maladie (pourquoi est-ce arrivé)
dans les théories psychopathologiques, on propose également un système de causalité dont le contenu est différent.

Les conceptions médico-philosophiques de la maladie dans l’Antiquité grecque

Jusqu’au 18ème siècle, la philosophie et la médecine grecque de l’Antiquité servent de modèles médicaux. La maladie physique et mentale est conçue comme une rupture d’équilibre.
hippocrate.jpgHippocrate, médecin grec né en 460 av. JC à Athènes est l’un des premiers à avoir renié les modèles magiques de la maladie. Il a intégré l’idée d’une médecine scientifique. C’est à lui et à la tradition autour de son nom que l’on doit la première classification connue des maladies dans l’histoire occidentale. Jusqu’à aujourd’hui, les médecins se réfèrent à lui par le biais du serment d’Hippocrate. Hippocrate commença à enseigner la médecine par la philosophie. Il dit qu’il n’y a pas de différence entre les deux disciplines. Il se réfère à la philosophie pour expliquer les « passions de l’âmes », pour expliquer ce qui n’est pas accessible par nos sens. Il se base sur l’observation et le raisonnement. Il refuse toute explication basée sur des forces naturelles.

Théorie de l’humeur

L’être humain est constitué de quatre humeurs naturelles qui correspondent à quatre propriétés fondamentales :
  • le sanguin correspond au chaud
  • le flegme correspond à l’humidité
  • la bile jaune correspond au sec
  • la bile noire correspond au froid
L’état de santé est un équilibre entre ces quatre humeurs. Quand il y a prédominance d’une humeur sur les autres, il y a déséquilibre, donc maladie. Hippocrate s’est intéressé aux maladies de l’esprit et en a décrit certaines.

La mélancolie

Le patient présente des troubles de l’humeur, de la culpabilité, de la tristesse, de l’indifférence affective, il se voit sans avenir. Ceci entraîne un ralentissement sur le plan psychomoteur. Hippocrate explique cet état par une sécrétion excessive de bile noire (mélas = noir ; col = bile).

L’épilepsie

Avant Hippocrate, l’épilepsie était considérée comme une maladie sacrée venant de Dieu. Le malade présente des moments d’inconscience, des convulsions, devient raide et ne se contrôle plus sur le plan moteur. Hippocrate disait que le siège de cette maladie était le cerveau et quelle était liée à une sécrétion excessive de bile jaune. Il dit à ce sujet « Il me semble qu’elle n’est pas plus divine, ni plus sacrée que d'autres maladies, mais qu’elle a une cause naturelle comme d'autres affections. L’homme considère sa nature et la croit divine à cause son ignorance et de sa crédulité ... » 

L’hystérie

Elle est différente de la personnalité hystérique. Pour Freud, l’hystérie est liée à un conflit sexuel. Hippocrate parlait de l’hystérie de conversion. Il a repris l’ancienne théorie des égyptiens datant de 2000 an av. JC. Selon cette théorie, l’hystérie était due à la migration de l’utérus dans le corps de la femme. C’est une idée magique cependant qui permet de faire un lien entre l’hystérie et la sexualité.
Au 5ème siècle, la médecine est assimilée au culte païen. Cette médecine fut reprise et développée par la médecine arabe entre le 10ème et le 13ème siècle. C’est un apport important car la médecine arabe va traduire les textes grecs, apporter la médecine chinoise et développer son propre apport : - Rhases a écrit « collijet » traduit par Bonacosa
- Avicenne a écrit « le canon de la médecine » au 12ème siècle
- Ibnimran a écrit « traité de la Mélancolie » en insistant sur les aspects psychologiques et thérapeutiques

La conception du fou au Moyen Age

Dans la première moitié du Moyen Age, la médecine accorde de plus en plus d’importance aux esprits et les théories psychologiques sont d’ordre métaphysiques. Le fou est surtout vu comme celui qui est possédé par le diable. Il faut donc exorciser le diable pour soigner l’esprit. Les thérapeutiques sont d’ordre magico-religieuses (la confession, la pénitence, le repentir public, les pèlerinages dans les lieux saints). Le fou est quelqu’un d’accepté socialement ; il bénéficie d’une aide humanitaire, du soutient de son groupe familial et social. C’est quelqu’un de marginal mais qui est reconnu et socialisé (fête des fous, danse de St Guy…).
Dans la deuxième partie du Moyen Age, la peur est omniprésente d’un point de vue social. Elle est liée à des facteurs traumatiques, des difficultés des pouvoirs politiques et religieux. La folie personnifie les pêchers du monde. Le fou est un bouc-emissaire. La conception des sorcières domine la courant médical. Les médecins se basent assez rarement sur l’observation, sauf Paraclese (1493-1541). En 1348, la peste noire fait des milliers de victimes. Elle entraîne un traumatisme profond dans la société ce qui ébranle l’autorité du pouvoir et remet en cause les lois religieuses. On assiste à une montée des sectes. Pour rétablir l’ordre suit aux crises politiques et de l’ordre moral, le pape Innocent III décrète l’inquisition : lutte contre toutes les formes d’hérésies par le moyen d’enquêtes systématiques : chasse aux sorcières… Les fous sont les premiers à monter sur les bûchers car, comme ils sont possédés par le démon, ils doivent subir les punitions réservées aux complices de Satan.

La psychanalyse

En réaction à ce courant va naître la psychanalyse. Un certain nombre de médecins va commencer à demander à ce que ces fous accusés de sorcellerie soient traités par la médecine. Un des premiers à avoir fait cette demande est Wyer. Il a publié en 1663 un ouvrage nommé « l’imposture du diable ». Wyer est le précurseur de l’expertise psychiatrique. Au début, il n’ose pas s’opposer aux prêtres donc il propose la mise en place d’expertises avant les procès en sorcellerie. Il s’oppose aux évêques en proposant que l’avis d’un médecin soit pris avant chaque procès. Il va petit à petit démonter la conception démoniaque en montrant par exemple que les gens peuvent se retrouver dans un état second après la prise de certaines substances. Wyer va marquer le début d’une période humaniste marquant l’entrée dans la Renaissance.
Aux 17ème, 18ème siècles, les références métaphysiques sont abandonnées au profit d’une médecine expérimentale. Les découvertes médicales se multiplient. Dans le domaine de la pathologie, on se base maintenant sur des descriptions sémiologiques.
Jusqu’au milieu du 18ème siècle, l’étude de la folie n’est pas séparée de celle des autres maladies. Mais un courant médical tente de sortir du courant magique. Des asiles sont crés où sont enfermés les fous mais aussi les vagabonds, les marginaux. Le fou reste un marginal, un être dangereux que l’on enchaîne, à qui on ne parle pas.
pinel.jpgCelui qui changera cette conception est Philippe Pinel. Il est très imprégné par la conception medico-phylosophique grecque. Il va être connu pour son apport humaniste à la psychiatrie. Il propose libérer de leurs chaînes les aliénés en 1793, pendant la révolution française. C’est un geste symbolique qui marque la naissance de la clinique psychiatrique. Il considère que le fou est un individu à part entière. Il dit que le fou ne l’est jamais totalement, qu’il y a toujours une part de raisonnable à laquelle on peut s’adresser. Pinel change le rapport du médecin au fou. Il met l’accent sur la maladie et le malade en tant que sujet. Il va décrire un grand nombre de névroses, l’hypocondrie, la mélancolie, les manies et les démences. Il est l’un des précurseurs de la notion de névrose traumatique. En travaillant comme médecin pendant les guerres napoléoniennes, il a constaté que les soldats étaient paralysés par la peur, effrayés, faisaient des cauchemars. Il dit que la pathologie est liée à des chocs psychiques (ici l’effroi) et non physique.
La psychiatrie devient une discipline à part entière. 
Esquirol, élève de Pinel, reste très fidèle aux théories de celui-ci. Ce qui l’intéresse est le traitement moral, notion clé de la psychiatrie naissante. La maison d’aliénés est un instrument de guérison, c’est l’agent thérapeutique le plus puissant contre les maladies mentales. Esquirol est à l’origine de la loi de 1838 qui régit les modalités d’internement. caque département est tenu d’avoir un asile d’aliénés. c’est à partir de cette loi qui naissent un grand nombre d’établissements psychiatriques dans toute l’Europe donnant l’occasion aux psychiatres de faire des observations cliniques sur un grand nombre de patients. Vont se développer les consultations privées (Freud, Janet…).
Les psychiatres vont commencer à observer différentes maladies. Ils font au début référence aux théories organicistes ; les psychiatres cherches une cause organique aux troubles mentaux. Pour chaque trouble, on cherche une lésion correspondante. S’en suit un certain nombre de découvertes comme celle de Bayle (1822) qui fait le lien entre la méningite chronique et un délire de grandeur. Cependant, aujourd’hui on sait qu’il ne s’agissait pas de la méningite mais de la syphilis. Paul Broca va lui faire le lien en 1861 entre une lésion localisée dans le cerveau (hémisphère gauche) et l’aphasie (trouble du langage). Ces différentes découvertes vont stimuler les psychiatres qui vont avoir tendance à toujours chercher une cause organique aux troubles mentaux. Par exemple, pour des soldats présentant des troubles anxieux, les médecins ont proposé que la cause soit une vibration électrique d’une zone cérébrale provoquée par des éclats d’obus. on sait aujourd’hui que l’anxiété est due à un état d’effroi ressenti face à la guerre.
A cette époque, on se référait également aux théories de la dégénérescence dans lesquelles on fait appel à l’hérédité, aux aspects constitutionnels. Par exemple, la perversion et la paranoïa étaient perçus comme des troubles constitutionnels. Toutes affections anormales étaient reliées à des aspects héréditaires. Cependant, faire appel à l’hérédité entraîne des jugements moraux ayant pour conséquence la marginalisation des malades mentaux.
Enfin, les théories psychogènes vont mettre l’accent sur des facteurs psychologiques. Ces théories signent la naissance de la psychopathologie.

La psychopathologie

Ce terme est employé pour la première fois en 1878, en allemand, par Emmingaus pour désigner une psychiatrie clinique qui s’intéresse à des individus malades mais de manière singulière.
Celui qui marque la naissance de la psychopathologie en France est Ribot. Il va créer un enseignement de psychopathologie au début du 20ème siècle, au moment où la psychologie commence à être séparée de la philosophie sur le plan de l’enseignement. Ribot va surtout développer un enseignement sur la méthode pathologique. Il veut comprendre les troubles de la personnalité dans le but de comprendre le fonctionnement normal. Sa méthode concerne l’étude de tous les traits psychologiques : la perception, la mémoire, la volonté, les sentiments, le langage... Il veut étudier tous les comportements pathologiques qui peuvent apparaître à ces niveaux. La maladie est vue comme une situation expérimentale. Selon Ribot, la psychologie morbide est une façon d’accéder à la psychologie normale. Ribot voit en la psychopathologie un continuum entre l’esprit sain et malade.
Janet, élève de Ribot, a enseigné au Collège de France en 1895. Son œuvre est considérable dans la compréhension de l’hystérie. il fut l’un des premiers à parler de subconscient (l’inconscient de Freud) 6 ans avant Freud. Il consultait principalement en cabinet et proposait aux hystériques des traitements basés sur l’hypnose. Il s’est surtout intéressé aux amnésies hystériques. Pour lui, elles sont liées à des souvenirs localisés au niveau du subconscient. Cette idée va être reprise par Freud quand il parle de refoulement des souvenirs traumatiques.
180px-Pr_Charcot_DSC09405.jpgCharcot a tout d’abord étudié un grand nombre de maladies neurologiques, comme la sclérose en plaques. A la fin de sa carrière, il s’est intéressé à l’hystérie. Il a donné des cours devant une assistance variée en présence de malades. Selon lui, on peut reproduire les symptômes hystériques par l’hypnose. pendant ses cours, il hypnotisait des malades qui faisaient des « crises d’hystérie ».

Freud et la psychanalyse

La psychopathologie va consister à expliquer le comportement normal d’un individu d’après ses déviations. La psychanalyse serait une forme particulière de la psychopathologie, un modèle explicatif de la psychopathologie. 
150px-Sigmund_Freud-loc.jpgFreud est né à Freiberg en 1856. Il a d’abord suivi une formation médicale puis a entrepris des recherches en physiologie. En 1880, il devient docteur en médecine. Avec Meynert, il travaille dans un service de neurologie où il va acquérir ses premières expériences cliniques. En 1885, Freud vient suivre l’enseignement de Charcot. Il va rester 4 mois en stage à la Salpétrière où il assiste aux présentation de cas d’hystérie par Charcot. Il ouvre à Vienne son premier cabinet libéral. Il reprend les hypothèses de Charcot sur la suggestion hypnotique des hystériques. Il veut comprendre les maladies nerveuses, l’origine des troubles et les soigner. Il utilisera d’abord l’électrothérapie, méthode utilisée jusque dans les année 60. Comme cette méthode ne permettait pas de comprendre les individus, il s’est orienté vers l’hypnose et la suggestion.
Au début, Freud travaille avec Breuer. Pour Freud, à l’origine de l’hystérie, il y a toujours un événement traumatique dans l’histoire du patient, événement qui a provoqué une émotion pénible. L’origine de l’hystérie est liée à un choc émotionnel, c’est à dire un événement qui a provoqué de la honte, de la colère, de la peur… Au début, Freud pensait qu’il pouvait s’agir de n’importe quel événement puis il a développé l’idée qu’il s’agissait de traumas sexuels, en particulier des séductions, agressions sexuelles d’un adulte sur un enfant. Le sujet va avoir tendance à refouler le souvenir de cet événement, à l’oublier pour ne pas souffrir. Cependant, l’affect lié à l’événement ne peut pas être refoulé. L’émotion va se convertir sur un plan somatique ; elle va apparaître sous forme de douleurs, de paralysies, de symptômes hystériques. Il y a une séparation entre le symptôme et le souvenir. Freud pense alors que si on retrouve l’événement traumatique, on va pouvoir associer souvenir et affect et ainsi guérir. Il s’agit de la méthode de la catharsis (décharge émotionnelle) censée libérer le sujet. Pour arriver à la catharsis, Freud emploie d’abord l’hypnose : pendant que le sujet est endormi, il lui demande de se rappeler l’événement qui s’est produit lorsque les premiers symptômes sont apparus. Freud abandonne l’hypnose car, quand le sujet se réveille, il ne se souvient pas de ce qu’il a pu dire sous hypnose. Cela maintient toujours le clivage. Il va alors développer la méthode de l’association libre : le sujet est allongé et on lui demande de dire tout ce qui lui passe par la tète sans émettre aucune résistance, aucune barrière. Petit à petit, le sujet va lui même arriver au souvenir traumatique et avoir une décharge émotionnelle consciente.
En 1887, Freud pense que ces traumatismes ne sont pas liés à des événements réels mais à des fantasmes qui correspondent au Complexe d’Œdipe (attirance pour le père et rivalité avec la mère). Le patient névrosé n’aurait pas dépassé cette rivalité et il y aurait une dépendance trop forte au père. Aujourd’hui, il y a un débat autour de cette idée car certain disent que ces agressions sont réelles. D’autres disent que l’important n’est pas ce qui arrive mais comment le sujet je perçoit.
La psychanalyse est aussi une technique d’investigation du fonctionnement psychologique.
Jaspers est l’un des premiers à avoir parlé de psychopathologie au sens actuel du terme en 1913. Il était psychiatre et s’intéressait à la nosographie (description des troubles). Son but était de comprendre la psychologie des sujets. Il voulait étudier les états d’âme des sujets malades, leur vécu psychique, leur discours, les circonstances, causes des troubles mentaux. Il voulait étudier tous les facteurs psychologiques qui peuvent mieux faire comprendre le pathologique. Il avait une approche très phénoménologique : il faut être attentif au vécu et aux expériences des patients.

Qu’est ce que la psychopathologie ?

Qu’est ce que la psychopathologie ?


La psychopathologie désigne l’ensemble des théories qui proposent une explication et une compréhension des troubles mentaux. Elle désigne également un trouble comme la phobie par exemple.


La psychopathologie est la branche de la psychologie qui est définie par son objet, c’est à dire l’étude des troubles mentaux. On peut par exemple parler de psychopathologie sociale qui étudie les troubles mentaux et le contexte social qui peut favoriser l’émergence de certaines pathologies. On peut également parler de psychopathologie de l’enfant où l’étude porte sur les enfants.

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La psychopathologie est à distinguer de la psychologie clinique


Le mot « clinique » est un terme médical qui signifie en grec (kline) le lit. Un examen clinique est un examen « au lit du malade ». Il y a eu une généralisation de la psychologie clinique. C’est une pratique professionnelle qui intervient dans le champ de la santé, pour les patients mais également pour l’équipe médicale. Elle intervient également en entreprise.
La psychologie clinique correspond à un champ de pratiques professionnels avec deux types d’activités :
  • une activité d’évaluation psychologique (diagnostique, profil de personnalité). Les cliniciens s’aident des méthodes dites cliniques : tests projectifs, échelles cliniques, entretien clinique, observation clinique et épreuves standardisées comme les tests psychométriques.
  • Une activité d’intervention psychologique : activité d’aide, de soins ; l’ensemble des thérapies.
La psychologie clinique correspond à une formation universitaire qui est réalisée en 5 ans. Il y a des lois en cours afin de protéger le tire de psychologue et celui de psychothérapeute.
La psychologie clinique correspond enfin à un champ de recherche.

La psychopathologie est à distinguer de la psychiatrie


Elles sont très liées sur le plan historique. Jusqu’au 18éme siècle, l’étude des troubles mentaux appartenait aux médecins. La psychiatrie est une branche de la médecine qui est née à la fin du 18ème siècle. Son but essentiel est de traiter. La psychopathologie est un enseignement donné aux médecins. La psychiatrie s’inspire de la physiologie, du droit, de la chimie et de la biologie. Les psychiatres donnent des traitements chimiothérapeutiques. Il y a des psychiatres qui vont de former en dehors de leur formation de médecin à la psychanalyse et à la psychothérapie.

La psychopathologie est à distinguer de la psychanalyse


La psychanalyse a été crée par Freud à partir de son expérience auprès des patients névrosés. C’est une théorie étiologique (étude des causes) des troubles mentaux, en particulier des névroses. Par exemple, la psychanalyse explique que le névrosé ne dépasse pas le conflit œdipien alors que l’homme sain le dépasse, mais tous deux rencontrent ce conflit.
La psychanalyse est une méthode thérapeutique. Pendant la cure type, le sujet est allongé sur un divan pendant ¾ d’heur, trois à cinq fois par semaine. La consigne est toujours celle de la libre association : elle sert à mieux connaître le psychisme d’un individu et à le libérer de ses conflits, de ses résistances. 

La moelle épinière

La moelle épinière



Le canal vertébral ou canal rachidien, est formé par l’empilement des vertèbres. Il constitue l’étui osseux de protection de la moelle, des méninges et des racines rachidiennes. La moelle est située dans le canal vertébral, qu’elle ne remplie ni en hauteur, ni en largeur.


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La moelle épinière, continuation caudale du bulbe, se présente sous la forme d’un long cordon arrondi, légèrement apâlit, parcouru de sillons longitudinaux. Elle est entourée d’une enveloppe méningée. La moelle se termine au niveau de la deuxième vertèbre lombaire ce qui permet de réaliser une ponction lombaire en dessous de L2. Le diamètre du canal rachidien est nettement plus important que celui de la moelle ce qui permet à cette dernière une certaine mobilité lors des mouvements de flexion et d’extension du rachis (syn. de colonne vertébrale). La longueur de la moelle épinière est de 45 cm, sa largeur de 1 cm.
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Il existe deux renflements, au niveau cervical et lombaire correspondant à l’innervation des membres. Ces deux renflements correspondent à une plus grande densité de neurones destinés aux différents membres :
  • Renflement cervical (C5 à D1) au niveau des membres supérieurs
  • Renflement lombaire (D10 à L5) au niveau des membres inférieurs.

Organisation de la moelle épinière


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La moelle épinière est composée :
  • D’un sillon ventral large
  • D’un sillon dorsal étroit
  • De deux sillons collatéraux antérieurs
  • De deux sillons collatéraux postérieurs
Ces sillons délimitent de chaque coté de la moelle six cordons ventral, latéral et dorsal.
En avant des cordons latéraux émergent les racines ventrales. En arrière émergent les racines dorsales. La partir ventrale a une fonction motrice ; la partie dorsale est sensitive. Une sciatique désigne une douleur résultant de l’irritation des racines émergeant au niveau de la 4ème ou de la 5ème vertèbre lombaire (souvent par hernie discale).
Les racines rachidiennes naissent des sillons collatéraux antérieurs et postérieurs, sous la forme de minces fibres ou radicelles se réunissant peu après leur sortie de la moelle. La racine postérieure s’enfle ensuite pour former le ganglion rachidien, site des corps cellulaires de certains neurones (en particulier sensitifs) se rendant à la moelle. Les deux racines se rejoignent enfin pour former le nerf rachidien qui sort du canal vertébral par les trous de conjugaison (espace latéral formé par l’empilement de deux vertèbres). 
Il existe 31 paires de racines de chaque coté de la moelle :
  • Huit cervicales
  • Douze dorsales
  • Cinq lombaires
  • Cinq sacrées
  • Une coccygienne

Dans la moelle épinière, la substance grise est centrale, en forme d’ailes de papillon située autour du canal épendymaire, alors que la substance blanche est périphérique. Quand on sectionne la substance blanche de la moelle, il ni a plus de sensibilité ni de motricité au niveau du territoire situé sous la lésion. Si on sectionne la substance grise de la moelle, le déficit se situera uniquement au niveau de la lésion.

La substance grise


On distingue de chaque coté une corne antérieure volumineuse occupant la profondeur du cordon antérieur et une corne postérieure plus fine affleurant le sillon collatéral postérieur et une zone intermédiaire ou corne latérale. La corne postérieure contient les noyaux sensitifs, la corne antérieure les noyaux moteurs (motoneurone), la corne latérale et la région périépendymaire les centres végétatifs.

La substance blanche


Schématiquement, on distingue des faisceaux ascendants, sensitifs, véhiculant les informations nées de la périphérie jusqu’aux centres supérieurs du tronc cérébral et du cerveau, et des faisceaux descendants, moteurs, transmettant vers la périphérie des messages provenant des centres moteurs sus-jacents. On distingue deux principales voies ascendantes :
  • La voie cordonale postérieure
  • La voie spino-thalamique
La principale des voies descendantes est le faisceau pyramidal.

Vocabulaire


Rachidien (ienne) : qui se rapporte à la colonne vertébrale (syn. spinal).
Rachis : syn. colonne vertébrale
Corde spinal : moelle épinière
Ganglion spinal / cérébro-spinal / nerveux : amas de cellules nerveuses situé sur le trajet d’un nerf.





DSM-IV Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux

DSM-IV Manuel diagnostique et statistique des troubles

 mentaux


Le DSM est un manuel particulièrement utile dans le domaine de la psychologie, qu'elle soit clinique ou expérimentale. Il représente un consensus descriptif des troubles mentaux, résultat d'un regroupement d'un nombre considérable de données empiriques. Son but principal consiste à proposer une classification, une description, comme outil aidant au diagnostic des troubles mentaux les plus fréquents. Vous trouverez dans la partie Psychopathologie les descriptions de nombreuses pathologies et troubles mentaux décrits dans le DSM-IV.Le DSM-IV est un classement, non exhaustif, mais qui s’avère utile pour de nombreuses raisons :

  • il constitue un pilier sur lequel l’étudiant et le professionnel peuvent s’appuyer : les descriptions du DSM-IV sont le fruit du consensus actuel, traitant des connaissances qui sont, concernant la psychologie, en constante évolution voire en effervescence.
  • Il constitue un guide dans la démarche diagnostique : la grande majorité des syndromes psychologiques cliniquement observables y est décrite. Pour chaque trouble mental, des critères diagnostiques spécifiques, nécessaires, régulièrement associés, ou dont la présence est possible, sont proposés.
  • Cet ensemble partagé augmente l’accord entre les cliniciens ou investigateurs, de différents pays ou de différentes orientations. Une nomenclature consensuelle facilite la compréhension et l’échange d’information : qu’on soit psychologue cognitiviste, neuropsychologue, psychologue systémique psychanalyste, etc…  Se baser sur les mêmes critères et sur des définitions semblables est bien entendu un atout pour le partage d’informations et leur compréhension, l’échange ou le travail commun, et, plus important encore, pour le traitement des troubles.

Codes diagnostiques

Quelle est sa raison d’être ?

Lettre – Chiffres (de 2 à 4) | [code entre crochet] Nom du trouble – ajout divers & spécifications ;

Exemple : F20.1x [295.10] Schizophrénie Type désorganisé sévère, avec symptômes négatifs prononcés


Dans une volonté de conciliation des classifications, le DSM-IV possède un code diagnostique correspondant à celui de la CIM-10 (Classification Internationale des Maladies). Ce code est alphanumérique (une lettre suivie de 2 à 4 chiffres). Il faut noter toutefois que les nomenclatures de ces deux classifications, les critères diagnostiques et les définitions divergent parfois sensiblement. Les codes CIM-10 sont donc parfois approximatifs.Ce code est suivi de 4 à 5 chiffres représentant le code diagnostique de la version 9 révisée de la CIM, qui reste la nomenclature la plus utilisée lors de publications ou d’utilisation.Ces  2 codes précèdent le nom du trouble. Pour certains troubles, le code approprié dépend d’indications supplémentaires (par exemple, « dû à » une affection ou une substance, qu’il faut indiquer)


Des sous–types ou des spécifications complémentaires permettent de préciser le diagnostic : ces sous-types définissent des formes symptomatiques qui s’excluent mutuellement, et visent à décrire de manière exhaustive l’ensemble des formes du trouble. Les spécifications, quant à elles, permettent d’affiner le diagnostic mais ne s’excluent pas, et n’ont pas vocation de définir de manière exhaustive l’ensemble des spécifications possibles. Ces spécifications ont une utilité, par exemple, dans la formation de groupes de patients ayant, au sein d’un même trouble, des caractéristiques communes (exemple : trouble dépressif majeur avec caractéristiques mélancoliques).